Alimentation de bébé : Trop de sel et de protéines... Nos bébés mangent mal !

Trop de sel, trop de protéines, pas assez de fer ni de matières grasses : l'alimentation des bébés n'est pas assez équilibrée, selon une étude menée le secteur Français des Aliments de l'Enfance.


Alimentation de bébé : Trop de sel et de protéines... Nos bébés mangent mal !

Trop de sel, trop de protéines, pas assez de fer ni de lipides : nos petits mangent mal ! C’est le constat inquiétant effectué par le Secteur Français des Aliments de l'Enfance (SFAE) qui a partagé les résultats du second volet de son enquête Nutri-bébé sur l’alimentation des bébés.

Selon le site LCI,  les repas de 1 188 bébés ont été auscultés et les conclusions ne sont pas très réjouissantes : l’alimentation de nos bébés, à partir de 1 an, n’est pas assez équilibrée. En cause : les parents ont tendance à donner les mêmes repas à leurs bébés que ceux qu'ils ont l'habitude de consommmer.

Trop de sel et de protéines

Premier constat : les bébés mangent trop de sel. En prenant l’habitude de manger trop salé, les bébés conserveront ce réflexe en grandissant. Et devenus adultes, ils consommeront trop de sel. Et on sait que les risques cardiovasculaires sont associés à une consommation excessive de sodium. « Plus de 95% des enfants de plus de un an ont des apports en sel supérieurs aux recommandations européennes », précise cette étude. Fromage, pizza, gâteaux, viennoiserie… tous ces aliments qui ne sont pas spécifiquement préparés pour les bébés contiennent de trop grandes quantités de sel. « Les mamans n'ont pas conscience qu'une part de pizza ou de quiche du commerce est extrêmement salée » explique le Dr Jean-Pierre Chouraqui, gastroentérologue, pédiatre, nutritionniste à l'Hôpital Couple-Enfant de Grenoble.

Deuxième constat : les bébés consomment trop de protéines. Les enfants dee moins de 3 ans ont une consommation  de protéines qui dépasse l’apport de sécurité. « La grande majorité des enfants de moins de 3 ans a une consommation moyenne de protéines qui dépasse largement l'apport de sécurité » fait savoir cette étude. La faute aux laitages, au fromage, à la charcuterie trop riches en protéines… Ce surplus de protéines engendre une augmentation du travail d’élimination : les reins travaillent plus et se fatiguent donc plus.

Pas assez de matières grasses ni de fer

Troisième constat : paradoxalement, les bébés manquent de graisses, selon cette étude. On ne s’en doute pas forcément mais les enfants ont besoin de manger plus de matières grasses que les adultes. Leurs besoins lipidiques sont 3 à 5 fois plus importants. Et bien souvent, les parents font tout leur possible pour limiter l’apport en matières grasses dans les repas concoctés à la maison. Conséquence : « à partir de 10 mois, plus de 80% des enfants ont des apports en lipides inférieurs », aux recommandations européennes. C’est un problème car ces lipides ont un rôle majeur dans le développement du système nerveux central et contribuent à apporter de l’énergie aux bambins.

Enfin dernier constat, beaucoup trop de bébés sont carencés en fer. Entre 1 et 2 ans, 45% à 55% des enfants âgés de 1 à 2 ans et 74% à 77% des enfants entre 2 et 3 ans ont des apports en fer inférieurs aux recommandations.  Pour le Dr Jean-Pierre Chouraqui, l'abandon des laits infantiles et du passage au lait de vache chez les moins de 3 ans sont responsables de ces carences. « Le déficit en fer peut être responsable d'un moins bon développement psychomoteur notamment sur le plan cognitif, d'infections plus fréquentes et peut éventuellement être associé à un ralentissement de la croissance » précise le Dr Jean-Pierre Chouraqui.

Et une alimentation déséquilibrée durant l’enfance a des répercussions sur la santé pendant toute sa vie. « C’est entre 6 mois et 3 ans que se construit la palette alimentaire du tout-petit, ses bonnes habitudes et ses goûts pour des aliments ni trop sucrés ni trop salés. La qualité de l’alimentation de l’enfant pendant ses trois premières années a une importance capitale pour sa santé d’adulte en devenir », rappelle le pédiatre Alain Bocquet de l’Association française de pédiatrie ambulatoire, sur le site L’Observatoire des Aliments.

Pensons-y lorsque nous préparons les repas de nos petits : les bébés, même lorsqu'ils ont soufflé leur première bougie, ne mangent pas comme les adultes !