Le traitement au Distilbène

Le Distilbène, prescrit aux femmes dans les années 70, est aujourd'hui à l'origine de nombreux problèmes de fertilité rencontrés par leurs filles.


Le traitement au Distilbène

Largement prescrit dans les années 40 à 70 pour prévenir les fausses couches et les accouchements prématurés, le Distilbène, après avoir été longuement critiqué, est aujourd'hui condamné !

Les résultats du traitement au Distilbène

Prescrits à certaines futures mamans afin de prévenir les fausses couches et les accouchements prématurés, le traitement au Distilbène (DES) a entraîné des malformations génitales chez les petites filles. Ces femmes ont 30 ans aujourd'hui et veulent à leur tour être enceintes.

Malheureusement, le traitement au Distilbène a entraîné des malformations génitales fréquentes : utérus atrophiés, forme en T, anomalies des trompes... Autant d'affections qui entraînent des difficultés à être enceinte et à mener à bien une grossesse.

Malgré un taux de fausses couches plus élevé ou des grossesses extra-utérines plus nombreuses, plus de la moitié des femmes exposées in utero au Distilbène parviennent à mettre au monde un enfant que ce soit de façon naturelle, avec le recours de la fécondation in vitro ou grâce à une intervention chirurgicale.

Actuellement on se demande si ce médicament n'aurait pas également des conséquences sur les petits-enfants des femmes qui ont subi un traitement au Distilbène. Certaines études révèlent en effet que les effets transgénérationnels pourraient toucher les descendant des enfants exposés in utero.

Le Distilbène enfin mis en cause !

On l'a vu plus haut, le Distilbène, nom commercial de l'hormone diéthylstilbestrol (DES), fut largement prescrit lors de traitements visant à prévenir les fausses couches et les accouchements prématurés dans les années 40 à 70.

Remontons dans le temps : déjà en 1971, les preuves sont établies que ce médicament provoque de graves malformations génitales chez les enfants des mères traitées pendant leur grossesse : utérus atrophiés, forme en T, anomalies des trompes... Autant d'affections qui entraînent des difficultés à être enceinte et à mener à bien une grossesse. Immédiatement interdit aux Etats-Unis, le Distilbène a été prescrit en France jusqu'en 1977, avec des records de consommation entre 1968 et 1973. Selon l'association DES-France, le nombre d'adultes exposés durant leur vie fœtale est estimé à 160.000.

Deux femmes, Nathalie Bobet, 38 ans, et Ingrid Criou, 32 ans, exposées in utero durant les grossesses de leurs mères, traitées au Distilbène, décident de réagir en apprenant qu'elles souffrent de cancers. Elles entament alors un long combat juridique.

Première victoire en mai 2002, lorsque le tribunal de grande instance de Nanterre établit la responsabilité d'UCB Pharma dans ce dossier et condamne le laboratoire (commercialisant le médicament en cause) à verser une provision de 15.244 euros à chacune des deux jeunes femmes. Après décision en appel et pourvoi de cassation, deuxième succès pour les victimes du Distilbène : le laboratoire doit payer plus de 802.700 euros de dommages-intérêts à 8 femmes exposées au Distilbène in utero et atteintes de cancers ou de malformations. Pour la première fois, un tribunal reconnaît l'existence réelle d'un préjudice.

Finalement, en mars 2006, la Cour de cassation (la plus haute juridiction française) a rejeté les pourvois formés par UCB Pharma, confirmant ainsi la responsabilité du laboratoire pharmaceutique ayant commercialisé le médicament. Enfin, le Distilbène est condamné!