IVG : quand et comment y recourir ?

L'interruption volontaire de grossesse, IVG, est une décision difficile à prendre. Faites le point sur cette l'intervention, son cadre légal et son déroulement.


IVG : quand et comment y recourir ?

IVG : les limites légales

En Belgique, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est autorisée jusqu’à 12 semaines de grossesse. Cependant, il existe une « clause de conscience » qui autorise les médecins à refuser une IVG à une femme enceinte de plus de 10 semaines. Dans ce cas, ce médecin a l’obligation de rediriger la patiente vers un confrère. Ce délai est de six jours.

En pratique : la consultation, le délai légal de réflexion et les différentes techniques d’IVG.

Si la consultation avec un psychologue ou une assistante sociale n’est plus imposée par la loi, elle est toutefois vivement recommandée. Subir une IVG est une épreuve psychologiquement très difficile, et il est très important d’être très bien entouré.

Choix de la technique d’IVG

Le médecin fournira à la patiente toutes les informations nécessaires afin de lui expliquer au mieux les différents types d’IVG. Cette décision sera prise en fonction de l’âge, de la grossesse et des demandes spécifiques de la femme enceinte.

Technique d’IVG : aspiration ou médicament ?

La technique d’aspiration est la plus simple et la plus fréquente. Elle s’effectue à l’aide d’une canule (petit tube) et consiste à aspirer l’embryon directement dans l’utérus. Cette technique sera cependant limitée à la taille de l’embryon (un maximum de 12 semaines). Au-delà, pour des IVG tardifs, d’autres techniques chirurgicales seront utilisées.

L’IVG chimique ou médicamenteux n’est efficace qu’en tout début de grossesse. La femme reçoit des hormones « anti-progestérone » (la progestérone étant l’hormone de grossesse). Cette hormone (associée à d’autres substances) va provoquer des contractions et expulser l’embryon. Cette technique n’est pas fort appréciée des médecins car il faut parfois 3 jours avant de parvenir au résultat attendu.

IVG: Anesthésie locale ou générale ?

Sauf pour raison médicale ou demande expresse de la patiente, c’est l’anesthésie locale qui est la plus recommandée pour une IVG. Que la technique soit médicamenteuse ou par aspiration, une anesthésie locale permet de réaliser une IVG sur une seule journée.

IVG: le déroulement de l’intervention

L’IVG dure environ 20 à 30 minutes. Un traitement complémentaire sera prescrit. Il sera à prendre durant les 15 jours qui suivent l’IVG. Des antibiotiques seront éventuellement prescrits, en fonction du résultat du frottis effectué lors de la première consultation.

Suivi post-IVG

Un suivi médical est important. La patiente consultera un médecin environ 2 semaines après l’IVG, c’est ce que l’on appelle la « visite de contrôle ». Durant les deux semaines post-intervention, certaines recommandations sont à suivre : quelques pertes sanguines sont à prévoir et l’utilisation de bandes hygiéniques est nécessaire (pas de tampon), prendre les douches plutôt que les bains et éviter les rapports sexuels.

IVG: qu’en est-il des jeunes filles mineures ?

Aucune autorisation parentale n’est exigée, pour autant que la jeune fille soit accompagnée d’une personne majeure de son choix. Il est impossible d’imposer une IVG sur demande parentale, si la jeune fille mineure concernée refuse l’IVG.

IVG: prix de l’intervention

En Belgique, le prix d'une IVG est d’environ 450€. Il sera pris en charge par l’INAMI à condition d’être  en ordre de mutuelle.
Il est demandé une participation pour les consultations (en général 1,80€ x 2).

Pour les personnes sans mutuelle (en général pour les étrangers non-européens), le prix total de l’intervention est à leur charge.
Dans le cas où l’intervention se passe dans un centre (et non pas à l’hôpital), le montant est plafonné aux alentours de 200 €.

Attention, en centres hospitaliers, les frais pour un avortement peuvent être bien plus élevés.