Le déni de grossesse : un déni de réalité ?

Le déni de grossesse est un trouble psychiatrique qui détermine une femme à dissimuler le fait d’être enceinte. Qu'en savez-vous ? Comment notre corps peut cacher un bébé ? 


Le déni de grossesse : un déni de réalité ?

Etre enceinte sans le savoir, porter un enfant pendant trois mois, six mois parfois neuf mois tout en ignorant cette vie qui se développe dans son propre corps : c’est le déni de grossesse qui choque les consciences et défraient de temps à autre la chronique médiatique.

D’un point de vue médical, il se caractérise par le fait d’être enceinte sans en avoir conscience.

Le mot « déni » signifie que la femme sait mais refuse d’être enceinte. Or dans le cas du déni de grossesse les femmes ne savent pas qu’elles le sont. 

Aucun symptôme de grossesse

Le cerveau de la future maman ordonne au corps de se comporter comme si elle ne l’était pas.

La psyché bloque alors toute manifestation extérieure de cette grossesse : aucun des symptômes qui accompagnent généralement une grossesse ne se manifeste. Les femmes victimes de déni de grossesse ont leurs règles, ne grossissent pas ou très peu, ne sentent pas leur bébé bouger, n'ont pas les nausées habituelles...

Le corps cache la grossesse et s'adapte pour la dissimuler : le fœtus va se développer le long de la colonne, il se positionnera en siège pour prendre moins de place, les muscles de l’abdomen ne se relâcheront pas, l’utérus grossira de façon différente... Si le corps évolue malgré tout, ces modifications sont interprétées différemment : quelques kilos en trop seront mis sur le compte d’un excès alimentaire, des douleurs abdominales seront vécues comme des difficultés digestives…

Le déni de grossesse se distingue des grossesses cachées qui sont dissimulées à l’entourage et des grossesses nerveuses qui surviennent chez les femmes, persuadées d’être enceintes alors que ce n’est pas le cas, qui développe les symptômes d’une grossesse.

Le déni de grossesse partiel, absolu ou total

Le déni de grossesse peut être partiel : il concerne les grossesses découvertes entre la 20ème semaine et le terme. La grossesse est alors annoncée lors d’une visite médicale motivée par une banale raison : maux de ventre, fatigue… Le médecin découvre la grossesse lors de la consultation et l’annonce à sa patiente alors qu’elle est déjà enceinte depuis plusieurs mois.

Le déni de grossesse peut être total ou absolu. La grossesse est alors niée pendant neuf mois : la réalité s’impose à la mère et à son entourage lors du début du travail. C’est au moment de la naissance du bébé que ces femmes découvrent qu’elles vont être maman. Le choc est bien sûr immense pour elles mais aussi pour leur entourage qui n’ont pas décelé cette grossesse. Un accompagnement psychologique est nécessaire pour aider ces mamans à endosser leur nouveau rôle.

Déni de grossesse : des risques pour la mère et le bébé

Outre les conséquences psychologiques importantes qu’il engendre, le déni de grossesse fait courir un risque pour la mère et l’enfant. Le suivi médical de la grossesse n’étant assuré, des complications peuvent survenir et l’accouchement peut être d’autant plus difficile qu’il n’est pas prévu. Le risque est également que la mère rejette cet enfant qu’elle n’attendait pas consciemment. Mais dans l’immense majorité des cas, la naissance se déroule sans problème et lien mère-enfant finit par se créer.

Déni de grossesse : un mystère complet

Il faut savoir que le déni de grossesse ne cible pas plus une catégorie de la population féminine qu’une autre, ou seulement les femmes jeunes. Il n'a pas d'explications "sociales". Il n'est pas non plus une conséquences de la méconnaissance de son corps : certaines femmes, déjà mamans plusieurs fois, en sont aussi victimes. Il est encore difficile d’entre comprendre les causes.