Le déni de grossesse en quatre points

Le déni de grossesse est-il une maladie? Comment le prévenir et quelles sont les conséquences pour l'enfant à venir?


Le déni de grossesse en quatre points

Ne pas avoir conscience de la réalité

Sophie Marinopoulos, psychanalyste, expliquait dans l'Express: "Le déni de grossesse est un mécanisme de défense psychique. Il vise la protection du sujet, c'est-à-dire qu'en ignorant la réalité, il protège la personne d'une souffrance inélaborable, qui ne peut pas trouver de sens". Les femmes dans le déni ne mentent pas, elles ne sont pas au courant de leur grossesse. C'était le cas de Louise, 27 ans, qui à 16 a fait un déni de grossesse. Elle raconte: "Au fond de moi, je devais bien le savoir depuis le début, mais mon esprit a fait le nécessaire pour ne pas que j'en prenne conscience". C'est aussi ce qu'a ressenti Céline, 20 ans, qui a vécu un déni durant 7 mois et demi. Elle explique "Certaines personnes ont cru que j'avais tout dissimulé. Heureusement, le père n'a jamais douté de ma franchise".

Des symptômes invisibles 

Céline expliquait par ailleurs "Mon corps m'a caché cette grossesse". Les symptômes sont en effet invisibles. L'utérus s'étire en hauteur au lieu de basculer vers l'avant. Les femmes concernées par le déni peuvent donc se promener en maillots de bain sans que personne ne remarque la grossesse. De même les petits malaises qu'on associe à la grossesse: mal de dos, fatigue, nausées n'ont pas lieu lors de la phase de déni. Ou lorsque cela arrive, la femme trouve naturellement une explication rationnelle: un mauvais sommeil qui engendre la fatigue, des cycles irréguliers ou du stress pour justifier l'absence de règles. 

Ce n'est pas une maladie

Le déni de grossesse n'est pas considéré comme une maladie mais plutôt comme un mal-être comme l'explique Sophie Marinopoulos. "La femme, bien avant d'être dans un déni de grossesse, est dans un déni de son corps, de ses émotions, de son affectivité, de toute altérité. Elle se montre le plus souvent assez inexpressive dans sa vie émotionnelle." Elle ajoute qu'on remarque aussi généralement des signes de dépression chez ces femmes-là. Au jour d'aujourd'hui, les cas de déni total et les conséquences dramatiques qui peuvent en découler sur l'enfant font l'objet d'un jugement au cas par cas par les magistrats. 

Quelle relation avec son enfant après le déni?

Passé le choc, certaines femmes font le choix de garder l'enfant et de l'élever. Pour certaines cela se passe bien mais pour d'autres, c'est plus difficile. Céline se rappelle les difficultés post-accouchement: "Je n'ai pas eu l'élan d'amour que l'on décrit partout à la naissance. Il a fallu que le papa retourne au travail et que je me retrouve seule avec mon fils pour que je commence à m'attacher à lui." Ceci peut en effet s'expliquer par le fait qu'une maman qui ne subit pas de déni commence à former un lien avec son enfant quand celui-ci est encore dans son ventre. Elle peut l'imaginer, lui parler, le projeter pour qu'il passe du statut de "fœtus" à celui de "mon enfant". Mais les femmes qui subissent un déni de grossesse n'ont pas le temps d'établir de relation avec leur enfant. Le risque de rejeter l'enfant est donc plus important. Il est donc primordial de suivre ces femmes après leur accouchement pour créer ce lien qui n'existait pas. 

Crédit photo: Capitaine comment