La césarienne extrapéritonéale, révolution médicale

Toutes les femmes ayant subit une césarienne savent à quel point les jours qui suivent sont difficiles. Se déplacer et s’occuper de son bébé demande des efforts considérables. Sans parler de la douleur et de la frustration lié à ce mode de naissance. 


La césarienne extrapéritonéale, révolution médicale

Une nouvelle méthode de césarienne, encore peu utilisée, permettrait d’avoir une suite de couche « normale » dès le jour J. Lorsque l’on subi une césarienne, le ventre est douloureux, la cicatrice gênante, marcher et s’occuper de son bébé est éprouvant et cela n’aide pas à profiter et créer des liens avec son enfant. Sans parler du sentiment de ne pas avoir vraiment accouché. Tout cela est très frustrant.

La Dre Simon, gynécologue-obstétricienne et militante prône « l’accouchement naturel par césarienne ». C’est un peu contradictoire mais c’est réel et possible grâce à la césarienne extrapéritonéale. Cette technique rassemble l’intervention chirurgicale classique et des aspects de l’accouchement naturel, elle nécessite, entre autre, que la maman expulse son bébé elle-même. Une révolution que l’on vous détaille.

La césarienne classique

La césarienne classique, celle que l’on pratique le plus souvent, existe depuis une vingtaine d’années. Pour réaliser cette intervention, le chirurgien coupe la peau du pubis horizontalement, puis, il ouvre l’aponévrose (les muscles) de la même façon. Ensuite, il ouvre les muscles pour atteindre le péritoine (poche contenant les organes). Une fois ouverte, il atteint l’utérus et fait sortir le bébé en appuyant sur le ventre. Cela ne demande pas d’effort de la part de la maman et son bébé lui est vite retiré afin de terminer la chirurgie, elle ne le retrouve que quelques heures plus tard. Ce mode de naissance et séparation sont souvent une mauvaise expérience pour la maman.

La césarienne extrapéritonéale

En réalité, ce mode d’accouchement existe depuis une dizaine d’années  mais les médecins, habitués à la technique classique, sont frileux. La césarienne extrapéritonéale reste une opération chirurgicale mais elle est moins invasive. Le chirurgien ouvre au même endroit, la différence : il ouvre l’aponévrose verticalement, c’est-à-dire, dans le sens des muscles. Cela permet une plus grande liberté de mouvement et une cicatrisation moins douloureuse. Une fois les muscles ouverts, au lieu d’être incisé, le péritoine est contourné, cela est possible car la vessie et l’utérus ne sont pas contenu dans cette poche, ils sont dessous. L’utérus est ouvert de la même façon que dans une césarienne classique. En plus de faciliter la guérison, cette technique évite les risques de lésion des intestins, d’adhérences et d’arrêts de gaz. La dose d’anesthésiques est aussi moindre.

Il faut pousser !

La césarienne extrapéritonéale  offre une approche plus « naturelle » de la naissance. Après incision de l’utérus, la mère est invitée à pousser. La contraction des muscles abdominaux pousse le bébé vers la sortie, la pression exercée sur le ventre dans la césarienne classique n’est même pas nécessaire. La naissance se rapproche plus de l’accouchement par voie basse, elle est moins invasive. Le plus ? Les parents voient leur enfant naitre car la plaie, plus petite, n’est pas visible. Comme pour un accouchement classique, le bébé est placé sur sa mère dès la sortie.

Peu d’hôpitaux et de professionnels pratiquent cette technique pour le moment. Pourtant, elle apporte de nombreux avantages aux femmes et aux hôpitaux. En effet, le retour à la maison est plus rapide, trois jours ou moins avec la césarienne extrapéritonéale contre cinq pour une césarienne classique. Les mères sont plus autonomes pour s’occuper de leur enfant et les soins sont moindres. Seulement, les formations pour cette technique sont rares. Il vous faudra donc de la volonté et de la patience pour trouver un obstétricien qui puisse faire naitre votre enfant de cette façon mais si les femmes en parlent autour d’elles et se soudent pour démocratiser la césarienne extrapéritonéale peut être que les choses finiront par bouger et que dans quelques années cette technique sera largement utilisée à travers le monde.