Il ne mange pas à table : que faire ?

« J’aime pas, j’ai pas faim, j’en veux pas »… Cette petite ritournelle, les parents la redoutent et pourtant, à chaque repas, elle refait surface. Caprice ou réel problème alimentaire ?


Il ne mange pas à table : que faire ?

Un enfant qui ne veut pas manger à table avec ses parents est un problème très fréquent. Les parents ont beau mettre les petits plats dans les grands, utiliser mille et une astuces pour faire avaler un petit pois, déployer des ruses de sioux pour faire manger leur bambin, se transformer en cordon bleu digne du guide Michelin… Rien à faire ! C’est l’impasse.

Le repas est devenu un champ de bataille, un conflit récurrent et une véritable source d’angoisse pour les parents. A peine assis sur sa chaise haute, le petit monstre pince la bouche, tourne résolument la tête, hurle dès qu’une cuillère s’approche de sa bouche.

Le refus de manger des enfants bouleversent les parents, assommés et culpabilisés par les messages sur la bonne nutrition des enfants, sur la nécessité d’avoir une alimentation équilibrée dès le plus jeune âge. C’est le rôle nutritionnel de la mère qui est remis en question : mon enfant ne mange pas, je suis donc une mauvaise mère.

Ne pas le forcer

La bouche est un lieu symbolique fort : c’est le passage qui contrôle ce qui va s’introduire dans le corps, c’est le lieu du goût et du dégoût. Rien ne sert de le forcer à manger : vous ne feriez qu’accentuer son refus de manger. L’intrusion d’un corps étranger dans sa bouche pourrait provoquer un véritable blocage.

La néophobie, une réaction fréquente

Il faut savoir que le refus de manger est une étape très courante chez les enfants âgés de 2 à 3 ans. Une période qui peut durer jusqu’à ses 6 ou 7 ans… Les enfants développement une sorte de néophobie face à tout aliment nouveau. Les envies alimentaires des enfants se réduisent alors à quelques aliments : pâtes, petits suisses… Continuez à lui proposer des aliments nouveaux régulièrement. Votre patience finira par payer.

Je dis non, je grandis

Pour l’enfant, refuser de manger est un enjeu de pouvoir. Dire non, refuser de manger est une façon de s’affirmer et de gagner en autonomie ! D’ailleurs, on vous rapporte fréquemment que votre petit a très bien mangé chez la nounou, à la cantine ou chez mamie ! Autant le vivre de façon positive et essayer de le convaincre en douceur : instaurez un rituel autour du repas, faites-le participer à sa préparation, faites-le manger avec vous, félicitez-le quand il a goûté un plat, trouvez l’heure idéale pour qu’il mange : parfois la fatigue gêne le bon déroulement des repas…

Respecter ses goûts

Si un enfant refuse de manger des légumes, laissez-le finir la viande. S’il ne veut pas manger son entrée ou son plat, ne lui interdisez pas son yaourt ou sa compote ! Le priver de ce qu’il aime ou lui resservir sa purée à l’heure du goûter ne l’aidera pas à passer cette étape.

Ne pas en faire tout un plat !

La situation est inquiétante. Il ne mange pas : ne va-t-il pas devenir faible ? Ne va-t-il pas tomber malade ? Ne va-t-il pas avoir des carences ? Faites donc confiance au vieil adage selon lequel un enfant ne se laissera jamais mourir de faim ! Manger est aussi une question de plaisir. Ne vous focalisez pas sur ce qu’il mange ou pas pour que le repas redevienne un moment de partage et de plaisir. Ce problème ne doit pas être le sujet de conversation principal. Un conseil : lâchez prise !

Savoir dire non !

Par contre, si votre bambin n’a pas mangé à table, pas question de l’autoriser à prendre un gâteau ou une barre de chocolat trente minutes plus tard ! Il devra attendre son goûter pour manger puis le dîner. De cette façon, son équilibre alimentaire n’est pas perturbé et il aura faim au moment des repas.

Un symptôme ?

Surveillez que son refus de manger ne soit pas lié à un événement Il peut arriver exceptionnellement que le refus de manger soit lié à un événement : un stress particulier, des difficultés passagères, un deuil, une naissance… Si vous parvenez à établir un lien entre le refus de manger de votre enfant et un événement particulier, il est préférable de consulter un pédiatre pour en discuter. Celui-ci vous orientera peut-être chez un psychologue.