Comment bébé perçoit-il le temps ?

On ne peut pas dire que la patience soit une des qualités fondamentales de bébé : comment bébé perçoit-il la notion du temps qui passe ?


Comment bébé perçoit-il le temps ?

Pour bébé, attendre est une notion complètement  irréaliste ! La patience n'est pas son fort. Un bébé vit en permanence dans l'instantanéité. Il faut dire que dès le début, il a été très mal habitué. In utero, le moindre de ses besoins était immédiatement satisfait. La notion même de faim lui était étrangère. Un petit creux ? Il était tout de suite rassasié grâce au cordon ombilical.

A sa naissance, ses parents n'ont qu'une mission : répondre au moindre de ses désirs, le plus rapidement possible. Faim, soif, hygiène, confort... Maman vit dans un état de fusion totale avec bébé. Il suffit qu’il manifeste une envie pour qu'une solution adaptée soit apportée. La seule relation qu'il a au temps est la distinction entre le jour et la nuit qu'il arrive à faire rapidement. Le reste de la journée est rythmée par la satisfaction de des besoins.

C'est pourquoi il est important, dès son plus jeune âge, que les journées se déroulent selon un rythme régulier et répétitif : repas, promenade, sieste, goûter, jeu, bain, repas... Et on recommence. Cette routine permettra à bébé d'intégrer petit à petit qu'il y a un début, une fin et un renouvellement.

Ce n'est que vers les six mois de bébé qu'une distanciation s'opère entre maman et bébé. Une des conséquences est que bébé va devoir apprendre à... attendre. Il a faim ? Envie d'un câlin ? Il va devoir patienter. Et c'est tout nouveau pour lui. D'ailleurs, il ne comprend pas ce changement et se charge de vous le faire savoir en pleurant de plus belle ! Ne vous y méprenez pas : il ne s'agit pas d'un caprice. Bébé est tout simplement incapable d'attendre.
 

Vers 3 ans : la première chronologie

Bientôt il intègrera qu'un laps de temps s'écoule entre le moment où il faim et le moment où il va manger. Pour se consoler et mieux supporter sa frustration, il va imaginer l'objet de son désir : son biberon, les bras de maman... Mine de rien, c'est le début de l'idée chez bébé. Le voilà qu'il formule ses premières pensées !

En grandissant, sa mémoire va se développer. Il comprendra qu'il y a un avant et un après, même si sa compréhension du temps reste limitée. Plus il grandira et plus il sera important d'utiliser des marqueurs du temps avant, après, hier, demain, pendant : « après le goûter, nous irons jour dehors. »

Vers 3 ans, il commencera à organiser les petits événements de la journée selon une chronologie. C'est d'ailleurs un des premiers apprentissages transmis à la maternelle : organiser ses activités quotidiennes selon une chronologie. Il  commencera à comprendre qu'il y a un avant et un après. Le mot « hier »rentre dans son vocabulaire mais peut aussi bien désigner le jour précédent, la matinée, ou l'heure précédente. Idem avec demain !

Mais jusqu'à l'âge de 5 à 6 ans, un enfant est incapable de réellement mesurer le temps, de percevoir qu'il s'écoule entre un moment et un autre : une seconde, une minute ou une heure... c'est pareil pour lui ! D'où la fameuse question répétée inlassablement lors d'un voyage en voiture : « dis maman, c'est quand qu'on arrive ? »

Besoin d'une astuce pour l'aider à patienter jusqu'à un événement ( son anniversaire, Noël, la visite de ses grands-parents...) ? Remplir un sac de cailloux ou de billes correspondant au nombre de jours à attendre jusqu'au jour J Et retirer un objet du sac chaque matin. Ce petit jeu lui permettra de visualiser le temps qui passe !