Travail et enfants : peut-on concilier vie familiale et vie professionnelle ?

Travail et maternité sont difficilement conciliables. Pour quelles raisons ?


Travail et enfants : peut-on concilier vie familiale et vie professionnelle ?

Etre mère et travailler est dans l’immense majorité des cas une course d’endurance, un marathon quotidien que les femmes assument tant bien que mal. Pourquoi est-ce si difficile de travailler quand on a des enfants ?

Premier problème : le mode de garde

Travailler pourquoi pas ! Mais que faire des enfants en bas âge pendant que maman travaille ? Faire garder ses enfants reste le problème majeur pour les mères de famille actives. Trouver un mode de de garde est un parcours du combattant. Selon l’étude effectuée par l’association Maman travaille, dirigée par Marlène Schiappa, « 44% des mères qui travaillent considèrent que trouver un mode de garde a été une épreuve» et la majorité des mères qui ont obtenu une place en crèche estiment qu’elles ont « eu de la chance ».

Logiquement, les mères réclament plus de places en crèches ! Pour compenser la difficulté àfaire garder les enfants en bas âge, beaucoup de mères arrêtent tout simplement de travailler ou passent à temps partiel. Et le retour à la vie professionnelle est parfois bien compliqué…

Deuxième problème : la difficulté à concilier vie familiale et vie professionnelle

Les trois quart des mères actives trouvent « difficile, voire très difficile de concilier vie professionnelle et vie familiale ». En cause : les horaires des entreprises qui coïncident mal avec les horaires des crèches et des entreprises. Ces dernières font bien peu d’effort pour aménager les horaires de travail pour faciliter la conciliation entre vie familiale et professionnelle. Journée à rallonge, horaires incompatibles avec une vie de famille, réunions tardives... Résultat, « 76% des mères qui travaillent considèrent que concilier vie pro et vie familiale est difficile ou très difficile. Ca représente plus de 3 mères actives sur 4, c’est énorme !», analyse Marlène Schiappa.

Le maître mot est alors "bricoler" pour jongler entre le bureau, la crèche et la nounou, l'école, les journées enfants malades et la maison. D'autant plus que la répartition équitable des tâches ménagères n'est pas encore à l'ordre du jour : l'intendance de la maison reste l'apanage des femmes qui doivent faire le ménage, les courses, les repas et s'occuper des enfants avant et/ou après le travail ! Messieurs, encore un effort pour vous mettre au ménage.

Troisième problème : le salaire !

Selon l’étude réalisée par Maman Travaille, 13 % des mères actives vivraient sous le seuil de la pauvreté si elles ne touchaient pas les allocations familiales. C’est un fait : les femmes en général, les mères en particulier, gagnent toujours moins que les hommes à compétences et responsabilités égales. Cette inégalité des salaires est renforcée par le fait que beaucoup de femmes travaillent à temps partiel pour avoir plus de temps pour s’occuper de ses enfants ou par manque de diplômes.

Mais aussi, la progression professionnelle des femmes est freinée par les maternités : outre les grossesses, les congés maternités et parentaux, les absences pour enfant malade sont spontanément citées comme étant une des raisons de la non progression de la carrière des femmes, selon l’enquête de Maman travaille auprès des mères actives.

Quatrième problème : enfant ou carrière, il faut choisir.

Conséquences, les carrières des femmes plafonnent. « 55% des mères actives n’ont pas progressé dans leur carrière depuis qu’elles ont des enfants, et seulement 39% ont effectué une progression de carrière » explique Marlène Schiappa. Pour plus d’1/3 des mère interrogées, les horaires des crèches, des garderies et autres modes de garde sont un frein à leur évolution professionnelle.

Mais si travailler et avoir des enfants restent un défi à relever au quotidien pour les mères, avoir une vie professionnelle est également une priorité pour une grande partie d’entre elles : 24 % travaillent pour s’assurer une indépendance financière mais 40 % avouent que le travail est aussi une source d’épanouissement et qu’elles sont passionnées par ce qu’elles font.

Une belle leçon de courage et d’optimisme au quotidien.