Evoquer la mort avec son pré-ado

Chez les jeunes, dont les pré-adolescents, la mort exerce une fascination incroyable. Le suicide représente la seconde mort chez les jeunes de 11 à 18 ans. Face à ces chiffres inquiétants, que faire?

Evoquer la mort avec son pré-ado

En grandissant, nos enfants éprouvent une fascination grandissante pour la mort. En fait, à cette période de leur vie, nos pré-ados ressentent une attraction intense pour la vie, l'amour, la mort,... Bref tous les sujets qui font notre existence !

« D'où viens-je ? », « Que fais-je sur Terre ? », « Que vais-je devenir ? » sont autant de questions qui préoccupent, angoissent nos jeunes adultes en devenir. En pratique, ces tourments vont se traduire par l'accrochage de posters morbides, le port de vêtements noir, le besoin de voir en groupe des films d'horreur, de jouer à des jeux dangereux, ...

Leur but, souvent inconscient, consiste à exorciser les démons intérieurs : nos enfants ressentent des choses troubles en eux et ont besoin de les exprimer. Même si elle est très angoissante, particulièrement pour nous, parents, cette attitude demeure tout à fait normale : la majorité des ados et pré-ados s'interrogent.

Un réel danger se présente cependant chez certains jeunes, ceux qui vont vraiment mal. Pour ceux-là, il ne s'agit plus de jouer, de faire des "écarts" : emplis d'angoisse et de troubles, ils veulent réaliser une complète rupture avec le monde, couper tout lien entre lui et eux. Le suicide peut alors se présenter pour eux comme une solution.

Mais si cet acte répond à une envie de couper totalement les ponts avec la réalité, avec la vie et les problèmes, il s'agit souvent également d'un appel à aide, d'un cri de détresse. Aucune tentative de suicide n'est anodine, quels que soient les moyens mis en oeuvre. Et si l'appel au secours n'est pas entendu, il risque de s'exprimer par la suite de manière plus violente.

Parler du suicide reste délicat : même nous, adultes, « grands », avons peur de ce sujet qui nous confronte directement avec la mort, avec la perte et avec le mal-être de nos enfants.

Pourtant, en discuter est plus que primordial : abordez donc ce sujet avec votre jeune, à partir d'une émission télévisée, par exemple, d'un reportage radio ou d'un article dans un journal. Prendre conscience que certains pré-ados et ados souffrent énormément vous permettra d'établir un dialogue sain et surtout d'éviter toute attitude d'isolement, de repli sur soi, de doute.