Folklore et Carnaval : Les origines de nos célébrations annuelles

Cette semaine, c’est les vacances de carnaval, l’occasion annuelle de descendre dans les rues avec vos bout ‘chou pour célébrer les traditions de notre pays. Les cortèges de carnaval belges comptent parmi les plus beaux d’Europe ! Baby.be revient pour vous sur les origines des spectacles de rues qu’il ne fallait pas manquer cette année ! 


Folklore et Carnaval : Les origines de nos célébrations annuelles

©Farah Hebbaz

Festive, chaleureuse, vivante, atypique… autant de mots qui décrivent la célèbre tradition populaire belge qu’est le carnaval. Grâce à leur folklore et leurs richesses,  bon nombre de nos manifestations sont d’ailleurs classées au Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO. Qu’ils se dessinent par des cortèges, des ducasses, des processions, des grands feux, des cavalcades ou des feux d’artifices, les tableaux du carnaval ont tous en commun cette ambiance de partage, de solidarité, par laquelle s’élève la voix du peuple. Chapeaux de plumes, chars et confettis représentent pendant plusieurs jours les origines de notre royaume, son Histoire et sa population cosmopolite. Nous nous sommes interrogés sur les origines de ces événements connus jusque par delà nos frontières. On vous raconte l’Histoire de trois des plus beaux carnavals de Belgique.

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Les  « Mascarades » de Binche :

©Sudinfo

Abritant l’une des coutumes carnavalesques les plus anciennes du pays, Binche met en scène chaque année un spectacle des plus caractéristiques du folklore Wallon. Réputé dans le monde entier pour son originalité et son authenticité, son Histoire n’est pourtant pas si simple à retracer.  En raison d’un manque d’éléments, les historiens qui ont travaillé à la recherche de ses origines, sont dans l’incapacité de mentionner les faits avec certitudes. Un mal pour un bien dirons-nous, car les légendes ont finalement pris la relève et font du Carnaval de Binche un événement mythique et unique au monde !

De nombreuses légendes ont été contés, mais celle qui ancre le plus le cœur des Binchois est celle du Gille descendant des Incas, que l’on doit au journaliste Adolphe Delmée depuis le XIXème siècle. On raconte que des Incas seraient apparus lors de fêtes de Marie de Hongrie en 1549, organisées pour son frère Charles Quint et son neveu Philippe II. Qu’ils étaient vêtus de costumes colorés et exotiques qui auraient marqué les mémoires de Binchois au point de perpétuer cet habillement lors de défilés dans la cité.

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Ainsi, chaque année pour les jours gras, les Gilles abordent fièrement leurs costumes rouges, jaunes et noirs, leurs sabots de bois et leurs fameux masques de cires, et défilent aux côtés des paysans, des Pierrots et des Arlequins, menés par des airs de tambours et de violes, pour terminer le soir du Mardi Gras par une danse traditionnelles sous des feux d’artifices.

Exubérance et parodies à Alost

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Si la Wallonie est réputée pour son folklore historique, la Flandre n’est pas non plus à mettre de côté sur ce sujet. Dans une atmosphère de rire collectif et d’humour subversif, le carnaval d’Alost est un véritable symbole de l’unité de la ville. Vieux de 600 ans, le rituel est un véritable effort collectif à travers lequel toutes les classes sociales ont l’occasion de s’exprimer et de revenir sur les événements marquants, locaux et internationaux, de l’année écoulée.  Le spectacle est l’aboutissement d’une année entière de travail et de préparation des habitants, et autant vous dire qu’il attire les foules. Cette année, pas moins de 80 000 spectateurs étaient attendus !

Né d’une véritable volonté d’exprimer la voie du peuple et de proclamer la présence et l’identité de la ville dans la région, cette procession est marquée par des traditions exubérantes et parodiques qui abordent des sujets importants de la société ou font preuves de références historiques :

  • Les hommes politiques sont ridiculisés par l’élection symbolique d’un Prince du Carnaval élu maire de la ville pour les festivités, qui se voit remettre les clés de la cité.
  • Vient ensuite la procession des géants et de « Bayard » en référence à la légende de Charlemagne.  
  • Les fantômes de l’hiver sont chassés par la danse des balais sur la place du marché, une danse traditionnelle et populaire.
  • Des oignons d’or, symboles de la ville d’Alost, sont jetés au spectateur, pour marquer une fois de plus l’identité de la cité. Il s’agit en fait de bonbons en forme d’oignons.
  • Le jour de la « sale Jeannette », des hommes travestis, en corset, défilent en houspillant les passants, accompagnés de leurs landaus et d’un parapluie cassé.
  • Des participants non officiels s’associent au cortège, sur le mode de la dérision, pour donner au monde entier leurs interprétations des faits divers de l’année, et exprimer leurs ressentis.

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Pour finir ces trois jours de « contestations » et de proclamation de la liberté d’expression incomparable, l’effigie du carnaval est brulée, sous les cris des protagonistes qui célèbrent comme une victoire sur le monde.

Le « Cwarmé d’Mâm’dî » et ses personnages traditionnels

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Cette année, les Malmédiens célébraient la 560ème  édition du Carnaval de Malmédy, plus connu sous les noms de « Cwarmé de Malmedy » ou de « Grandès-Haguètes ». Pendant 4 jours les festivités sont marquées par l’apparition de nombreux personnages traditionnels comme la « Grosse-Police » qui ouvre le cortège, « le soté » (le nain),  la « Djoupsène » (l’Égyptienne), le « véheû » (le putois) ou encore la « Haguète » qui est brulée sur le grand bûcher le soir du Mardi Gras. Les animations de rues sont accompagnées par des parties dansantes organisées dans la plus part des café de la ville.

Si aujourd’hui le carnaval de Malmédy est considérer l’un des plus beaux de Belgique, sachez que ça n’a pas toujours été le cas. En 1695, sous le règne des Princes-abbés, la célébration annuelle fut interdite et ce jusqu’à la fin du 18ème siècle. Mais le peuple de Malmedy ne se laissa pas démunir de ses traditions et s’imposa.

Les fêtes de carnaval se déroulent en deux parties à Malmedy. Il y a tout d’abord les quatre Jeudi-Gras, qui eux aussi possèdent leurs richesses historiques. Jusque dans les années 60, les femmes se masquaient, se déguisaient et descendaient dans la ville, faisant halte aux débits de boisson. Elles se retrouvaient pour taquiner les messieurs qui s’y trouvaient. La tradition consistait à choisir une « victime » et lui offrir ses services, de maquilleuse, de coiffeuse, d’infirmière… jusqu’à que le pauvre homme paye sa tournée. Cette pratique a du être abandonnée pour cause d’abus. Aujourd’hui ont fête encore ces Jeudi-Gras, en référence à cette ancienne période d’abondance qui précédait le carême. Ensuite sont célébrés les quatre jours de « Cwarmé », du samedi au Mardi-Gras.

©Farah Hebbaz

Il existe encore de nombreux carnavals tout aussi spectaculaires en Belgique, qui font la richesse et la culture de notre pays. Le carnaval des Basècles, le Laetare de Stavelot, le « Rosenmontag » d’Eupen… Tous font pendant quelques jours le bonheur des petits et des grands, et remplissent la tête de nos enfants d’images merveilleuses. Les masques, les costumes, les cortèges, les traditions… célébrer le carnaval c’est une façon de se souvenir de notre Histoire tout en s’amusant. Alors n’hésitez plus sauter sur l’occasion de partager un moment magique avec vos enfants !